« LES CHAMPIGNONS DE PARIS », DU NUCLEAIRE « PROPRE » EN POLYNESIE…

LEBRUITDUOFF.COM – 24 juillet 2018

AVIGNON OFF. « Les champignons de Paris » d’Emilie Génaédig – Mise en scène : François Bourcier – Chapelle du Verbe Incarné – du 6 au 28 Juillet à 21h35 (relâches les 12, 19 et 26 juillet) – Durée : 1h35.

De 1966 à 1996, les atolls de Mururoa et Fangataufa en Polynésie Française ont subi 193 tirs d’essais nucléaires militaires. Des tirs qui n’ont pas eu que des incidences sur le sous-sol des atolls mais aussi d’énormes incidences humaines, qu’elles soient culturelles, économiques ou sociales.

C’est cette période que nous retrace ce texte d’Emilie Génaédig qui, à partir d’un énorme travail de recherche et de documentation, offre ici au metteur en scène François Bourcier la possibilité de faire découvrir cette page d’histoire, longtemps tue et maintenant presque oubliée de la France métropolitaine mais aussi des polynésiens qui, au fil des générations, ont voulu passer à autre chose.

Sur scène les restes d’un laboratoire et des jeunes qui, passant par là, vont nous faire découvrir une histoire de l’atome, la vraie, celle commençant dans le désert algérien avec des tirs à ciel ouvert, puis celle de la Polynésie avec son lot de mensonges et de bassesse politique. Mais la force de ce spectacle est de ne jamais sombrer ni dans une exigence de repentance ni dans la haine de l’autre, mais de bel et bien mettre sur la table de l’histoire un pan de la vie polynésienne qui a à jamais bouleversé ces îles et ses habitants, qu’ils soient polynésiens de souche ou importés. Il fallut attendre 2016 pour la France, par la voix de son Président, mette fin au mythe des « essais propres » en Polynésie.

La mise en scène met en œuvre ici encore de la vidéo, mais juste pour mettre sous nos yeux des images d’archives qui parlent d’elles mêmes et des hommes politiques dont le discours fait froid dans le dos tant il paraît détaché des réalités et des préoccupations des polynésiens. Les trois comédiens : Tepa Teuru, Tuarii Tracqui et Guillaume Gay interprètent avec justesse tous les rôles, allant du colonel sans scrupule aux tahitiens hésitant entre la peur et la conscience de faire un travail pour l’armée allant à l’encontre des intérêts profonds de la Polynésie, mais contrebalancés par le désir d’une vie tournée vers un mode de vie occidental.

Loin de mettre face à face deux peuples et deux cultures, ce spectacle tente avant tout de dire enfin les choses, sans tabous et sans haine afin que tous, ensemble, puissions construire un avenir pour la Polynésie, loin de toutes rancœurs et de tous les non-dits.

Pierre Salles

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