« ON EST SAUVAGE COMME ON PEUT », DÎNER CATHARTIQUE !

On est sauvage comme on peut

LEBRUITDUOFF.COM – 24 juillet 2019

AVIGNON OFF 19. « On est sauvage comme on peut » – par le collectif Greta Koetz, du 5 au 27 juillet – (relâches : 10, 16, 23), à 19h40, au théâtre des Doms durée : 1h20

Autant le dire tout de suite, cette jeune troupe belge va loin, très loin, pour nous montrer ce qui existe sous le vernis des apparences et de la bonne conduite, ce qui se cache d’obscur, d’animal et d’amoral en chaque de nous. Dans un processus, certes classique, mais tout à fait maîtrisé, le collectif Greta Koetz nous embarque progressivement dans un univers totalement fantasque et déroutant.

Première partie. Jusqu’ici tout va bien ! Nous sommes invités à la table de Léa et Antoine, un jeune couple. Nous entrons dans la salle qui sent la sauce champignon à plein nez, sommes accueillis avec des cacahuètes à faire tourner, du vin aussi (ah non, ce n’est pas pour nous !) et nous « mettons à table » face à eux. Ils ont également invité un couple d’amis, Marie et Antoine et puis Sami qui ne parle pas du tout mais observe ce petit monde très conventionnel évoluer. Après les échanges de politesse, arrive le traditionnel small talk qui meuble les dîners. Excepté quelques histoires de phoques se prenant pour Pink Floyd et de pingouins égarés, il ne se passe rien d’extraordinaire et pourtant nous sentons que quelque chose de puissant va se produire. Derrière les discussions, nous percevons les regards, les allusions, la gêne, les non-dits ; ces petites tensions toutes prêtes à exploser. Cette première partie, certes un peu longue, crée une atmosphère sous tension. Un peu comme la lente montée avant un grand looping !

Deuxième partie. Et puis, tout bascule ! Thomas ose, enfin. Il dit tout haut ce qui le brûle depuis le début. Sa demande pétrifiante est le point de non-retour qui fait tout dérailler. Les conventions sociales explosent. Les mots et attitudes de complaisance n’ont plus lieu d’être. Les pulsions de vie et de mort se réveillent. Les angoisses, les fantasmes, les délires de chacun s’étalent littéralement sur la table. D’un banal dîner entre amis, nous glissons dans une fable surréaliste et mordante où s’expriment, sans retenue, les folies et les névroses sourdes des protagonistes.

La démonstration est implacable. Elle nous interroge sur nos propres démons et étrangetés, sur ce qui se refoule (à tort ?) par bienséance en société et nous montre combien la frontière est ténue pour tomber de l’autre côté. L’effet produit est imprévisible et multiple. Certains expulsent par un rire jaune ou se libèrent en riant aux éclats quand d’autres en sortent totalement ébranlés. Tout dépend de son propre rapport à la folie. À expérimenter !

Marie Velter

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